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La route des Cévennes: un enchantement de chaque instant

2 avr. 2018




Mes caribous narcoleptiques,

Il y a quelques semaines, je vous parlais de ma vie en Lozère, de ce qui me plaît dans ce département, de ce qui me dérange également.  Mais il y a quelque chose qui me ravit au plus haut point: c'est quand je rentre chez mes parents, dans le Gard. Mon psy appelle ça l'attachement à la mère. Mon mari appelle ça une cause potentielle de divorce.
Bref, ne jouons pas sur les mots, je sais que vous, vous me comprenez.
J'aime quitter la Lozère pour retrouver le pays des cigales et de la civilisation. Ce retour aux sources est matérialisé par une route bien particulière, que j'appelle, la route des Cévennes, (les Cévennes étant la chaîne de montagnes qui s'étend du nord du Gard et de l'Hérault jusqu'en Lozère). Ces montagnes font d'ailleurs partie géologiquement du Massif Central et trouvent leur point culminant avec le Mont Lozère (presque 1700 mètres d'altitude).





Cette route représente  mon périple du retour aux sources: je l'emprunte de Mende jusqu'à chez mes parents. C'est aussi le trajet le plus direct pour aller chez eux: 153 km, mais deux heures trente de route. En comparaison, l'autoroute compte 270 km pour le même temps de trajet environ (mais on peut perdre un bon quart d'heure de plus en traversant l'agglomération de Montpellier).
Elle relie la Lozère au Gard, en serpentant dans les Cévennes, offrant aux spectateurs des paysages déments, à couper le souffle. Elle chemine entre deux cols et alterne entre des univers différents: hauts causses de montagne et forêts (près de Mende), vallées verdoyantes et corniches escarpées (autour de Florac), puis garrigue ensoleillée, quand on quitte la Lozère et que l'on descend dans le Gard.


Causse Méjean, sur les hauteurs de Mende


Je suis tombée amoureuse de cette route qui me rapproche, au fil des kilomètres, de ma terre natale, telle une quête initiatique. C'est une route un peu dangereuse, car, très escarpée et montagneuse. D'ailleurs, on n'y croise jamais personne. Je l'ai déjà empruntée un bon nombre de fois sans jamais avoir une voiture derrière ou devant moi. C'est fou, non?  Durant l'hiver, je ne prends plus cette route qui est bien trop dangereuse à cause de la neige et du verglas. Je lui préfère l'autoroute, plus sûre.


descente sur Ispagnac et franchissement du premier col


L'automne est la saison la plus propice pour profiter du décor sublime dans lequel est plantée cette route: les feuilles rougeoient et jaunissent, enveloppant la forêt d'un manteau flamboyant. Les sapins, éternels gardiens des forêts lozériennes, veillent vaillants,  sur des falaises tombant à pic dans les gorges du Tarn. Mais le printemps reste une saison de choix pour profiter du spectacle floral de ces paysages enchanteurs. 


Sur la route de Florac









On débute le périple par les causses mendois, puis on redescend vers Florac, vallée encaissée et verdoyante, où l'on peut faire du canoë l'été dans les eaux limpides du Tarn. Ensuite, on continue le trajet enchanteur sur la corniche des Cévennes, route serpentant à pic le long des massifs cévenols, majestueux géants qui accompagnent le conducteur jusqu'à la descente vers les cigales.


Parc National des Cévennes


Franchissement du dernier col



  Cette dernière descente, qui nous fait définitivement quitter le département de la Lozère pour rejoindre le Gard, est mon passage préféré, car on y entend déjà les cigales chanter, preuve incontestable qu'on quitte bien la Lozère: c'est la transition charnelle entre deux mondes: le monde des montagnes et des sapins et le monde de la garrigue et des vignes.


Les vignes près de Quissac, dans le Gard. On est presque arrivés à destination, et on voit au loin les Cévennes. 


Bref, vous comprenez mieux pourquoi on ne prend plus beaucoup cette route. C'est un véritable calvaire pour notre pauvre Couette-Couette qui est malade en voiture. Mais elle aura toujours une place particulière dans mon coeur et elle me manquera, si on quitte un jour la Lozère.

Et vous, connaissez-vous des jolies routes qui vous enchantent?

Des bécots,

Frau PrunO.





35 commentaires :

  1. Cette route a l'air sublime ! Ton petit coin semble aussi parfait pour randonner... Je vais l'ajouter à la liste des points de chute potentiels pour nos vacances !
    Pas de route aussi époustouflante par ici, le paysage est un peu monotone (même si j'aime beaucoup le voir évoluer au fil des mois et des saisons - il est un peu plat dirons-nous...).

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    1. Alors là, pour la rando, ya de quoi faire en effet! Allez, viendez les copains, on vous attend!

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  2. Je comprends la beauté des paysages mais étant victime du même mal des transports que Couette-Couette, autant te dire que c'est le genre de routes que même en rêve, je ne veux pas emprunter... Une des raisons pour lesquelles la Corse me rebute un peu (dommage hein)
    Grosses bises à toi et passe une bonne semaine en solo !
    Cécilia

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    1. Ah, la Corse/la Lozère = même combat pour les routes! C'est l'horreur, je te confirme! Même moi, qui ne suit pas particulièrement malade en voiture, il m'arrive d'avoir des hauts le coeur lorsque je voyage à jeun le matin.

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  3. C'est si joli ! Je suis allée dans les Cévennes il y a presque 5 ans en arrière. C'était vraiment beau ! :)

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    1. C'est vrai? Ravie que ça te plaise ma douce!

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  4. C'est effectivement superbe. Ici, même si je voulais passer par les petites routes pour rejoindre mes parents, la seule chose que je croiserais seraient de la platitude à perte de vue, de la grisaille, quelques éoliennes et peut-être, comme dans un film populaire, un rideau de pluie au franchissement du panneau de ma région natale.
    Bref, je te confirme, les Cévennes, c'est beau!

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    1. Oui, c'est beau c'est vrai! La grisaille peut avoir son charme aussi cependant, mais bon, ça va bien un temps, c'est sûr, hein? vivement le printemps et gros bisous ma belle!

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  5. chouette d avoir une si belle route pr descendre avec de tels paysages
    c terra incognita pr moi
    je prendre rarement la voiture
    lool je viens de rentrer d un we de Pâques en voiture merci blablacar car la sncf était hors de prix

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    1. Ah oui je comprends! D'autant plus que la Lozère est quasiment inaccessible en train. Bref, c'est pas demain que je te vois débouler chez moi ;-)

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  6. "Les sapins, éternels gardiens des forêts lozériennes, veillent vaillants, sur des falaises tombant à pic dans les gorges du Tarn."
    Aaah, que c'est beau ! quelle poète :-)
    Magnifique balade, c'est une région que j'ai toujours eu envie de découvrir. Merci pour le voyage immobile !

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    1. Merci beaucoup, c'est très gentil à toi! Je t'embrasse <3

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  7. C'est tellement joli et apaisant. j'ai l'impression d'avoir fait deux heures de yoga rien qu'en regardant tes photos ;)
    Bonne soirée
    Des bisous

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  8. Merci pour cette très jolie balade ma belle ! Des bises :)

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  9. Elle est belle la nature ! cette végétation aux 1000 couleurs ! ça fait du bien de voir ça !!

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    1. Oh oui, comme tu dis! Même si parfois, une bonne dose de pots d'échappement me ferait le plus grand bien ;-)

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  10. Mon mari aimerait retourner dans les Cévennes, il en a de très bon souvenirs.. ET lire tes doux mots sur cette région, ça me donne vraiment envie d'y partir cet été inch'Allah

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  11. Pfffiu, tu me donnes envie d'être en vacances !

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    1. Moi aussi, je me donne envie toute seule ;-)

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  12. Oh, ça me rappelle mon enfance ! Ici, c'est les Cévennes côté Gard et surtout Hérault, que je fréquente depuis toute petite, et à chaque fois que j'y retourne, c'est un bonheur de retrouver les collines boisées (surtout à l'automne, en effet !).

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    1. Oh, la prochaine fois que tu y vas, il faut que tu me le dises!

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  13. Le pays de ma mère... Toutes les vacances, les routes sinueuses, l'odeur des galets et de la riviere. La simplicité. J'ai un peu plus de mal à y revenir en ce moment (depuis le Piémont avec un petit enfant ça fait pas mal de route) alors j'ai d'autant plus adoré suivre la route avec toi. Merci :)

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    1. C'est très gentil, merci! C'est vrai que c'est pas la porte à côté malheureusement. Et puis la route est une vraie galère :-(

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  14. J'ai souffert du mal des transports pendant toute mon enfance (et j'en souffre facilement encore) alors je dois dire qu'en te lisant j'ai beaucoup pensé à Couette-Couette ! Maintenant je comprends mieux que ce trajet soit si difficile pour elle... Mais je comprends aussi que tu l'apprécies, j'adore aussi la "moyenne corniche" la route qui surplombe la mer entre Menton et Nice, c'est splendide et je l'ai prise tellement de fois !

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    1. C'est vrai que tu es gâtée par chez toi aussi! Oui, cette route, c'est l'horreur, même pour moi qui ne suis pas spécialement sujette au mal des transports. Si je la prends le matin après le petit-déj, je suis mal pendant tout le trajet :(

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  15. Que c'est beau ! Je comprends que tu aimes cette route ! J'ai vécu pendant quelques années avec une route vers les montagnes, c'était splendide aussi et ça me manque parfois (le métro tokyoïte est nettement moins fun). Et l'avantage de suivre ta route via tes photos, c'est qu'au moins, personne n'a le mal de transport (pauvre Couette-Couette) !

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    1. Oh si, le métro tokyoïte, c'est grave fun! Mais tu pourras l'expérimenter si tu viens me voir un jour ;-)

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  16. Tu t'en doutes, cet article me parle énormément ! (ça y est ça y est elle devient une blogueuse voyage :P) J'ai vraiment ressenti en découvrant l'Aveyron cette transition entre le midi et la montagne, le sud et le massif central, et j'ai adoré ressentir ce contraste, ce changement de paysage, de relief, de couleurs, entre la garrigue et les prairies de moyenne montagne. Je ne connais pas cette route là précisément, quoi que, je me demande si je n'en ai pas fait un bout il y a quelques années - j'avais déjeuné à Florac et j'en garde un souvenir ébloui, un des plus beaux coins de France à mes yeux. Tu me donnes envie de revoir ta belle Lozère. Je t'embrasse et te lis toujours avec bonheur.

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    1. Merci ma belle! Je sais que ce genre de paysage touche ton coeur! Flora reste pour moi aussi le plus beau coin de la Lozère! Ce coin là est particulièrement magnifique! Il faut vraiment qu'on trouve un moment pour se voir quand tu seras en Aveyron la prochaine fois!

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  17. Oh tu m'as fait voyager et rêver par ton récit et tes photos ! Je comprends bien ces sensations de retour au source même si pour moi c'est la Bretagne avec ses mouettes et ses goélands !
    Christine

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  18. Coucou. Merci pour ces belles photos et cette jolie description qui nous donne envie de partir en vacances. Par contre, si j'emprunte un jour cette route il faudra que je conduise à coup sûr. Parce qu'en tant que passagère, je risque de nous faire arrêter sans arrêt. Rien que le mot "col" me donne la nausée 😅. Bisous ma belle.

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