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Les petits deuils de la maternité

22 nov. 2016





Mes fourmis pimpantes,

Cela faisait un petit moment que je ne t'avais pas donné des nouvelles de mon utérus. Or, je sais qu'il te tient à cœur de t'enquérir de son état.
Eh bien, sache que mon utérus va bien. Il se porte à merveille et te remercie de ta sollicitude.

Après cette saleté d'infection post-partum, je ne suis que joie et agilité. Je grimpe aux arbres comme un jeune lynx amoureux, je fais la roue sur le lit de Chucky, il m'arrive même de faire des rondades en salle des profs. Un grand merci à mon périnée hyper tonique. Il n'est pas prêt de me lâcher (je ne pourrais pas en dire autant de mon banquier).

Je voulais te parler d'un sujet sérieux à la base: quand on devient maman, il y a un certain nombre de choses qui nous échappent, ou qui ne se passent pas comme on l'avait prévu. Cela peut nous attrister, voire carrément nous obséder, créant chez nous un sentiment d'échec.

Tu n'es pas sans savoir que j'ai vécu deux accouchements qui m'ont fait entrevoir la douceur de la guerre au Vietnam et la beauté des tranchées.
J'ai plutôt bien vécu mon premier accouchement, malgré les hémorragies et tout le bazar, parce que j'étais convaincue que le deuxième se passerait bien. J'avais confiance en la nature (cette hyène m'a fait blonde), et je me disais donc qu'il n'y avait pas de raison de stresser, que ce premier accouchement était juste une petite erreur de parcours.

Quand je suis retombée enceinte, je me suis rematé avec joie les soixante douze épisodes de Baby Boom (c'est moi ou ils repassent sans arrêt la même saison?), en pleurant à chaudes larmes devant chaque expulsion fœtale et placentaire.
C'est que j'ai toujours rêvé  d'avoir un bel accouchement, avec Pinces d'Or à mes côtés qui m'aurait tenu la main en m'encourageant avec sa chemise hawaïenne (je t'expliquerai) . J'espérais voir sortir mon bébé et le poser sur mon ventre en peau à peau dans un geste animal, mais plein d'amour. J'imaginais alors le visage de Pinces d'Or, ému, nos regards qui se croisent, plein de larmes.

J'ai toujours idéalisé ce moment, le moment de l'expulsion et de la toute première rencontre. J'aurais aimé en faire l'expérience. Je me disais que toute femme a le droit de vivre ça une fois dans sa vie.

Bon ben non les gars, ça c'était le scénario de Baby Boom. Chez moi, c'est plutôt Baby Blood.

Comme tu le sais certainement déjà, mon deuxième accouchement a été tout aussi catastrophique, avec des complications un mois plus tard qui m'ont fait vraiment douter du fait que ce soit si naturel que cela d'accoucher.

J'ai mis beaucoup de temps à digérer le fait que je ne pourrai pas avoir de troisième enfant. Enfin, si, théoriquement, si on me faisait une échographie utérine dans deux ans, et que le résultat était favorable, on pourrait envisager une troisième grossesse, mais il faudrait dans ce cas m'hospitaliser au 7° mois en vue d'un accouchement au début du huitième mois, pour ne prendre aucun risque.
Ça, c'est la version à laquelle j'ai eu droit. La version à laquelle Pinces d'Or a eu droit était beaucoup moins édulcorée: Non, ce serait très risqué de faire un troisième enfant, non il ne faut pas y penser.


Et pourtant, je ne projetais pas de faire un troisième bébé. Pinces d'Or aurait été plutôt favorable à cela, mais moi pas spécialement. Mais c'est juste le fait de se dire qu'on n'a pas le choix qui est difficile. Que les dès sont déjà jetés. Que je ne connaîtrai plus jamais le bonheur de tomber enceinte. Cette merveilleuse surprise qu'offre la vie, m'est désormais interdite. Je n'ai plus qu'à vieillir et à voir mes enfants grandir. (être-épanouie-dans-la-creuse.tv).
Il faut faire le deuil d'un cycle de vie qui nous rapproche de la mort (en fait, c'est ça mon vrai problème).

Ben oui, mais c'est ainsi! La vie  a décidé et je n'ai pas le droit de me plaindre! Mes enfants sont magnifiques (en toute objectivité), en bonne santé, mon mari va bien lui aussi (même s'il continue à mettre des slips troués), on travaille dans le même collège, à 5 minutes de la maison, on est heureux comme tout, on a un appartement magnifique dans lequel on a la chance d'élever nos monstres.

Les premières semaines qui ont suivi mon deuxième accouchement, j'ai parcouru un bon nombre de forums dédiés aux mamanges, ces mamans qui ont perdu leur bébé lors de l'accouchement ou suite à leur accouchement. C'était assez malsain comme attitude, je le reconnais, mais j'avais besoin de lire leurs témoignages, car bon nombre d'entre elles ont perdu leur bébé suite à des ruptures utérines. Lire leur récit m'a conforté dans l'idée qu'il ne fallait surtout pas que je retombe enceinte. La nature, via mes deux premiers accouchements, m'a déjà envoyé deux signaux très clairs à ce sujet. Et puis, je n'ai lu aucun témoignage de femme qui a pu vivre une autre grossesse suite à une rupture utérine. A croire donc, que c'est très rare.

Je n'ai pas eu d'accouchement par voie basse, et je ne pourrai plus tomber enceinte, et bien tant pis. Ce sont deux petits deuils qu'il convient de surmonter.

J'ai pu prendre un congé parental pour Miss Couches Mouillées et profiter ainsi d'elle. J'ai réussi à allaiter Chucky et sa soeur pendant quatre mois complets, et c'était merveilleux. Il y a donc d'autres réussites au compteur.

Je sais que beaucoup de femmes ont des regrets concernant leur allaitement: une très bonne amie à moi tenait absolument à allaiter son deuxième enfant, car elle n'avait pas réussi à le faire pour le premier, ou du moins, elle n'avait pas réussi à le faire comme elle le voulait. Malheureusement, si tôt sa petite fille née, mon amie a eu des crises d'épilepsie (qu'elle n'avait jamais eues auparavant), l'obligeant à prendre un traitement à vie, incompatible avec l'allaitement. Je me rappelle l'avoir eue au téléphone en larmes, ayant moi aussi envie de pleurer avec elle.
Il a fallu qu'elle fasse le deuil de cela.
Une autre amie aurait adoré offrir à sa fille un petit frère ou une petite soeur. Malheureusement, elle s'est séparée de son mari et a dû laisser son projet de côté (momentanément je l'espère).
 Et puis il y a toutes ces mamans qui voudraient prendre un congé pour leur bébé, mais qui ne peuvent pas le faire pour des raisons financières, et qui ont l'impression de ne pas avoir pu profiter de leur maternité.
Il y a également des mamans qui ont l'infortune de connaître l'hospitalisation de leur nourrisson, et qui se voient voler les premiers jours d'existence de ce bébé.  Pas facile, de construire une relation maternelle quand on nous prive de la présence directe de notre bébé! C'est dur à vivre, c'est un autre deuil.

Bref, il y a une multitude de choses que l'on regrette de ne pas avoir faites ou de ne pas avoir pu faire, toutes plus ou moins graves ou importantes à nos yeux,  quand on devient maman, car la nature est imparfaite et inégale. Le déplorer ne sert à rien. Bien sûr, le regret est naturel, dans un premier temps, mais il devient inutile et contre-productif par la suite. Cela peut paraître facile pour moi de dire ça, mais je suis encore dans le processus d'acceptation de ces accouchements ratés (à mon sens). J'ai toujours un pincement au coeur quand je vois à la télévision,  un bébé sortir naturellement du ventre de sa mère, les larmes de bonheur qui coulent, ou quand j'entends quelqu'un me raconter son accouchement de rêve.  Mais   je vais survivre! Il en faudra plus pour m'abattre.
  Il faut se concentrer sur le positif  et avancer, profiter de la vie, et s'aimer. Car la  femme est forte, forte de ses succès, mais forte aussi de ses échecs qui la  construisent et finissent par la  rendre superbe.

Frau PrunO.

source image: www.enfant.com




56 commentaires :

  1. Tu te doutes bien que ton article me parle... beaucoup beaucoup beaucoup ! J'ai tellement de deuils à faire autour de la maternité que je pourrais en faire une thérapie à vie rien que sur le sujet je pense :p J'ai encore un peu d'espoir que mon deuxième accouchement et les premiers moments de mes jumeaux "réparent" un peu les choses, je l'avoue, mais j'essaye de ne pas me mettre (et leur mettre !) trop de pression... Je disais justement hier à mon gynéco que j'étais étonnée que tout se passe bien, que je n'avais pas l'habitude et que même si j'en étais reconnaissante j'étais un peu en mode hébétée car je ne savais pas trop comment le gérer... Pas facile facile de digérer tout ça !

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    1. C'est exactement à toi que je pensais quand je parlais d'hospitalisation de nourrissons... Ton expérience m'a tellement touchée, et me touche encore. Tu sais que je suis de tout coeur avec toi pour cette nouvelle grossesse et n'hésite pas à me parler ou à m'envoyer un message si tu as des moments de doutes ou d'angoisse, je serai là.

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  2. Je comprend ce que tu veux dire. J'ai été déclenché à J+5 et ça s'est fini en césarienne ... alors que tout ma grossesse j'ai idéalisé le départ à la maternité, l'accouchement et le reste. J'ai mis plusieurs mois à accepter tout ça. Alors certes je peux toujours avoir d'autres enfants donc il possible que ça ne se passe pas pareil, mais j'y croit pas trop. Je préfère me préparer à l’éventualité que l'histoire se reproduise

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    1. Oui, c'est important de s'y préparer je pense. Et puis, il faut se dire que l'accouchement n'est pas une fin en soi, il y a plein d'autres choses qui nous font devenir mère :-) Je croise les doigts pour toi et ta deuxième grossesse!

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  3. Magnifique! Dur mais beau.
    J'ai eu des deuils à faire moi aussi. Certains prennent plus de temps que d'autres. J'avais rêvé ma grossesse et puis elle a été douloureuse émotionnellement. Je n'ai pas profité de ces 9 mois comme je l'aurais voulu. Je pense (ne jamais dire jamais) que je n'aurais pas d'autre enfant (c'est un choix qui s'est imposé à moi et que j'accepte car je ne me sentirais pas capable de revivre tout ce que je vis en ce moment - la phase d'opposition pour parler clair!)- il m'a fallut du temps pour intégrer mon choix de femme par rapport à mes ressentis de mère.
    Nous vivons chaque évènement différemment - je ne pense pas qu'une souffrance soit supérieure à une autre. Chacun ses peines et ses deuils. Le tout est en effet de refaire surface et de chérir ce que l'on a.
    Bises ma belle et merci pour ce superbe article.

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    1. Merci à toi pour tes mots qui me donnent les larmes aux yeux <3 Tout es dit...

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  4. Magnifique article.. J'ai été très touchée. Je me souviens d'un épisode marquant de Babyboom où une maman avait donné naissance à des jumeaux mais malheureusement un des 2 n'avait pas survécu.. C'est quelque chose qui touche, au plus profond de soi quand on est mère.

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    1. Ah, Babyboom, ma bible! Je te remercie pour tes gentils mots ma belle, je t'embrasse.

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  5. Je te hug tres fort madame Pruno. Un uterus foireux d'accord, mais une maman warrior en or.

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    1. Hug retour, ma petite galinette cendrée <3

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  6. J’aime beaucoup « la nature est imparfaite et inégale » c’est tellement vrai ! ce processus on le connait toutes je crois, a un niveau différent… j’ai dû faire le deuil d’un allaitement pleinement réussi… et surtout plus récemment, j’ai fait le deuil d’une nouvelle grossesse, je suis définitivement tombé dans le clan des mamans qui regardent grandir leurs enfants, sans se projeter dans une prochaine grossesse.. la prochaine étape, c’est l’envol du nid de mes petiots, même si j’ai encore le temps de voir venir !! (avec l’adolescence à gérer avant…. Brrrrr) deux beaux enfants c’est déjà un bonheur immense, alors profite de les regarder grandir ( même si c’est parfois bruyant !!) bisoux ma belle ! au fait, je fais moi aussi partie de la team homme –au-slip-troué !!!

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    1. Toi aussi tu supportes les slips troués? Oh my god, merci de témoigner à visage découvert! Mais comment gérer ces types? T'as un conseil? Une astuce?
      Merci pour ton gentil mot, tu as entièrement raison, on fait partie des mamans qui regardent leurs enfants grandir, en ayant fait le deuil d'une prochaine grossesse. Ce n'est pas si évident à digérer je trouve. Mais je suis contente de pouvoir en parler avec vous, ça me fait du bien. Merci <3

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  7. Pour l'instant, je n'ai pas trop à me plaindre côté maternité car tout s'est globalement passé comme je l'aurais souhaité ou à peu de choses près.
    Mais ton article me touche, car c'est maman qui s'est retrouvé dans des situations similaires aux tiennes : pma, grossesse gémellaire à risque, hospitalisation et prématurité pour ma soeur et moi, une grossesse spontanée mais toujours à risque, alitement et césarienne pour mon petit frère et surtout interdiction de tenter une nouvelle grossesse ... il lui a fallu plus de 10 ans et dépasser la quarantaine pour vraiment en faire le deuil.

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    1. Ah... Il faut laisser le temps au temps, je crois qu'il n'y a pas d'autre solution. Mais ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule à avoir vécu ce sentiment. J'espère que ta maman est pleinement heureuse maintenant!

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    2. Oui, à 55 et 60 ans, ils sont finalement content de ne pas avoir un adolescent boutonneux de 16 ans dans les pattes ��
      Ils voyagent pas mal et font beaucoup (trop?) de sport ��

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  8. Un bien joli billet. Nous avons toutes de petits et grands deuils à faire autour de la maternité et tu en parles très justement. J'ai mis énormément de temps à envisager d'avoir un deuxième enfant tant il peut être difficile surmonter certaines choses.
    Merci d'avoir mis de jolis mots sur les maux.

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    1. Oh, merci à toi pour tes jolis mots sur mes maux <3

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  9. Je peux juste t'envoyer des chaudoudoux.
    J'ai la chance de ne pas avoir de regrets concernant mes accouchements.

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    1. Oh, mais j'accepte les chaudoudoux avec grand plaisir!!! Merci ma belle!

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  10. Comme beaucoup, je comprends ce que tu veux dire. C'est marrant, après mon deuxième, j'ai dit plus jamais et puis, j'ai eu une période où j'imaginais un petit troisième. Sans doute pour ne pas tirer une croix définitive sur cette partie de ma vie...

    Si j'avais voulu, j'aurais facilement eu cette possibilité de petit troisième en 2017. Mais non, en fait, j'ai refermé la porte hier. C'est fini pour moi. Ça me fait quand même un pincement au coeur de me le dire.

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    1. Je comprends ce que tu dis quand tu parles de tirer une croix définitive sur une période de ta vie. C'est exactement ce que je ressens...

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  11. Je me reconnais bien sûr dans beaucoup de passages : j'ai eu un bel accouchement mais un prématuré et surtout un allaitement totalement foiré et si traumatisant, que je ne pense jamais réessayer. Et puis finalement je me suis dit que cette réflexion s'étendait à la vie entière : au delà de la maternité, beaucoup de choses dans ma vie ne se sont pas passées comme je l'aurais espéré. Et finalement, je me dis que ça doit être ça, être adulte, apprendre à vivre et à être heureux malgré ces petites ou grandes déceptions parce qu'on a pas le choix. Je t'embrasse ma belle plante :) .

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    1. J'ai également pensé à toi en parlant de l'allaitement, je sais combien cela a été difficile pour toi à digérer. Mais je suis entièrement d'accord avec toi, il faut accepter de ne pas pouvoir tout maîtriser dans la vie, ce qui demande finalement une bonne dose de sagesse et de philosophie :-) c'est chouette de grandir ensemble! Je t'embrasse aussi <3

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  12. Ton article est magnifique, tu mérites la grande UNE!
    Je t'envoie des bisous de réconfort :)

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    1. Oh, je te remercie Emilie, ce que tu me dis me touche beaucoup! Je t'embrasse!

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  13. Il est très émouvant cet article ! J'apprécie habituellement ton style très coloré, très drôle, mais j'ai beaucoup aimé aussi le ton très intimiste de celui-ci.

    C'est vrai que tout le monde a ses regrets, plus ou moins forts, plus ou moins compréhensible de l'extérieur. Réussir à faire avec et avancer, c'est finalement le principal.

    Je te souhaite une très jolie poursuite de chemin. Il y a des deuils à faire, mais il y a finalement aussi beaucoup de belles choses à vivre dans la maternité bien après la naissance, et jusqu'à la fin de sa vie :)

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    1. Oui, tu as tout à fait raison! Il faut se concentrer sur le positif et se dire que le plus beau reste à venir! La vie est trop courte pour se lamenter sur son sort! Merci pour ton message ma belle <3

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  14. Très bel article ! J'adhère complètement ! En fait, la société nous montre toujours des bébés en super forme, des mamans épanouies qui arrivent à tout gérer, et prêtes à faire un marathon au lendemain de leur accouchement. Mais la vraie vie est malheureusement différente et le décalage peut donner à certaines mères le sentiment qu'elles ont raté quelque chose (l'accouchement, l'allaitement etc.) et certaines développent même un baby blues. Or tu as raison, il faut voir tout ce qu'on a réussi et ne pas (trop) se focaliser sur ce qui ne s'est pas passé comme on se l'était imaginé. Mais ça prend parfois du temps et bien sûr, certains deuils sont beaucoup plus difficiles à faire que d'autres, surtout quand l'enfant n'est plus là... En revanche, faire le deuil des couches ou des nez à moucher, perso, ça n'a pas été trop dur ! ;) Des bisous, Frau !

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    1. Oui, ça prend du temps comme tu dis! C'est vrai que la pression implicite ou explicite de la société n'arrange pas les choses.. Heureusement, il y a les blogs où les mamans peuvent se défouler et échanger! Des bises ma belle!

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  15. Ton article est superbement bien écrit !
    Je n'y suis pas encore, mais je commence à me préparer en douceur... Et ton article permet de se rendre compte que la maternité est comme toute étape de notre vie d'adulte, rien ne se passe comme on l'avait prévu !
    Je te remercie pour cet article au ton plus intime et tellement touchant ! (Oui tu as réussi à me tirer quelques larmes...)

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    1. Oh, t'es adorable ! Ça me touche beaucoup de savoir que mon article t'a émue :-) rien ne se passe comme prévu en effet, mais au final, c'est tout de même beaucoup de bonheur :-)

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  16. Je n'ai pas encore d'enfants, je n'ai jamais été enceinte, mais ton article me touche... J'ai moi-même eu à faire des mini-deuils sur ma maternité avant même d'avoir mis le pied dedans.
    Avec la dépression et les médocs, le premier psy à qui j'ai parlé de notre projet m'a dit que je devrais accoucher en maternité de niveau 3, que mon bébé risquerait une décompensation à la naissance et qu'il devrait être mis en observation pendant plusieurs heures. J'ai dû dire adieu à mes espoirs d'accompagnement "alternatif", de choix d'établissement, d'accouchement nature, de peau à peau pendant les premières heures de vie... J'en ai pleuré sur le coup, et mon mari n'a pas compris. Autant je n'ai pas rêvé de mon mariage depuis toujours, autant depuis que je veux des enfants, j'ai idéalisé quelque chose autour de la naissance, qui m'a été enlevé avant même que je puisse le formuler. Finalement, j'ai vu quelqu'un d'autre qui m'a expliqué qu'on n'en était pas là, donc j'ai repris un peu espoir, et je me dis qu'on verra.
    Les médicaments que je prends sont aussi incompatibles avec l'allaitement, il y a une possibilité de changer pour une molécule adaptée si le moral tient bon pendant la grossesse, mais j'ai réussi à prendre cette nouvelle plus tranquillement parce que ce n'était pas le premier renoncement, donc j'ai l'impression d'avoir complètement déconstruit mon idéal : maintenant, je veux juste un bébé en bonne santé sans devenir folle en l'attendant, et les circonstances plus précises n'ont plus vraiment d'importance, tant que tout le monde va bien.
    Comme tu dis, on nous baigne dans un imaginaire qui fait rêver mais crée d'énormes attentes, ça ouvre le champ à beaucoup de déception. Il me semble avoir pas mal lu sur le deuil de l'"enfant idéal" lorsqu'on se confronte à l'enfant réel, j'ai l'impression qu'en fait on à aussi une parentalité idéale, une grossesse idéale, un accouchement idéal qui doivent laisser place à la réalité.
    Après, en ce qui me concerne, je trouve que ce sont de petits deuils, qui n'ont rien à voir avec la perspective de renoncer à avoir un enfant naturellement ou de renoncer à avoir un autre enfant (les médecins on dit à une amie qui a fait de la prééclampsie : si vous voulez laisser un veuf et deux orphelins, tentez le troisième !!).
    Courage dans ton cheminement d'acceptation, et profite bien des minihumains géniaux que la nature t'a permis de faire avec ton amoureux :)

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    1. C'est toi Maelle? Il m'a semblé :-)
      Mais est-il envisageable un jour que tu sois definivement guérie de cette dépression ? Ce qui signifierait plus de medocs, allaitement et maternité normale possibles...
      Je pense que tu peux être maître de ta future grossesse, prendre les choses en main et t'étonner toi-même ainsi que les médecins :-)

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    2. Oui, c'est moi, j'ai encore réussi à démontrer mon agilité Web 2.0, je ne cesserai jamais de m'étonner !
      Pour la dépression, j'ai l'espoir que ça s'améliore, mais après plus de 5 ans de résistance aux traitement, je ne préfère pas diminuer trop vite et on n'a que trop attendu pour nous lancer dans l'aventure parentale pour voir combien de temps ça prendra de descendre à 0. Mais tu parles sans doute d'un deuxième ou d'un troisième, et dans ce cas-là, en effet, si ça va mieux je pourrai retenter le parcours "idéal"... surtout que quelque part, je crois que devenir maman m'aidera à aller mieux. Je dois t'avouer qu'avec la tête dans le guidon je n'avais même pas pensé à cette perspective, du coup tu fais ma bonne nouvelle de la journée :d

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  17. On est plutôt synchro ! J'ai écrit quelque chose dans ce genre aussi hier. Mon deuil à moi est pré-maternité mais c'est le même combat et je te remercie pour ces paroles qui m'ont fait beaucoup de bien.
    Des bécots

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    1. Ah oui ? Hâte de lire ça ;-) merci à toi pour les bécots (j'adore les bécots :-)

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  18. Tu m'a vraiment émue là parce que ce que tu dis renvoie à nos propres deuils de la maternité. Je n'ai pas accouché pas voie basse, Chéri Chéri ne me tenait pas la main parce que c'était une césarienne programmée, parce que je n'avais pas le choix... Au début j'en ai pleuré, je le voulais mon accouchement normal et puis une sage femme m'a fait entrevoir les choses différemment en me disant "certes vous accouchez par voie haute mais vous accouchez quand même, ce n'est pas un sous accouchement". Et puis je me suis dit qu'il y a 3 siècles en arrière, je serais certainement morte en couches et j'aurais donné naissance à un demi orphelin. Finalement mon accouchement je l'ai très bien vécu et j'en ai même écrit un billet (http://mamanraconte.fr/2014/04/ma-cesarienne-et-moi/) parce que j'ai l'impression qu'on ne montre que des témoignages négatifs et culpabilisants dessus. Mais il y a d'autres deuils, plus profonds ceux là comme le fait de me dire que mon enfant n'aura surement jamais de petit frère ou de petite soeur parce que ma première maternité tient du miracle et qu'une autre serait trop compliquée. Et enfin il y a cette blessure profonde qui me rappelle à chaque fois que mon loulou s'amuse avec son grand-père paternel qu'il ne vivra jamais ça à mon papa disparu l'année précédant sa naissance... Et pourtant, je crois qu'au final les joies qu'on ressent dans la maternité sont infiniment plus fortes que les déceptions. Le temps lisse les choses et il ne reste que le positif à la fin, enfin je crois...

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    1. Mon commentaire n'est pas passé, je ne comprends pas... Je te disais dans mon commentaire que j'étais très triste pour toi et que j'ignorais que ça avait été aussi compliqué pour toi ma belle....Je comprends que ce doit être difficile pour toi, ce deuil.... Je te fais plein de câlins virtuels ma belle. <3

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  19. Oh oui, que de deuils autour de cet idéal de la maternité qu'on s'est toutes plus ou moins imaginé un jour !
    Je comprends tout à fait ton sentiment, et parfois, même si l'on regarde le bonheur présent, le positif et toutes les belles choses qui nous entourent, ça ne nous empêche pas d'être nostalgique de ces moments rêvés qu'on s'était imaginés et auxquels il va falloir peu à peu renoncer.
    Je pense que ça fait partie du jeu, que c'est aussi cela qui nous aide à avancer dans la vie. Et lorsque je te lis, j'ai l'impression que tu avances tranquillement, et que, mine de rien, tu as déjà fait un joli bout de chemin !
    <3

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    1. Je suis triste pour toi ma belle... ça doit être dur, ce deuil de ton papa.. je te fais plein de câlins virtuels...
      Je vois que toi aussi tu n'as pas eu l'accouchement que tu voulais. .. je vais aller lire ton récit du coup... merci pour tes messages, ils me font toujours énormément plaisir.
      Je t'embrasse.

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  20. C'est vrai qu'on a tous sûrement un regret en ce qui concerne la maternité. Pour moi c'est certainement de ne jamais connaître la "surprise" de tomber enceinte de manière naturelle (de l'amour de papa et de maman... Bref de "sesque" si tu vois ce que je veux dire...). J'aurais adorée faire le test après un retard de règles et constater que la magie de la nature avait fait son oeuvre, mais non. Ici c'est piquouze dans les fesses et compagnie. Tant pis, ça marche aussi et j'ai conscience de ma chance. Allez bises ma Frau Pruno! (je me re-ferai bien une soirée mojito, moi!)

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    1. Oh oui, une autre soirée mojitos! Je dis oui, oui et oui!
      Je n'avais pas pensé à ce deuil de tomber enceinte naturellement, c'est très intéressant je trouve.... je comprends tout à fait ce que tu dis. ..
      On a décidément toujours des regrets dans une grossesse ! Mais je suis sûre que tu vas encore avoir un bel accouchement. ..♡

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  21. Tu me connais, je suis pudique ma jolie. Mais tout ce que tu écris (fort joliment) me parle. Nous parle à toutes d'ailleurs, chacune au plus profond de nous.
    Je t'embrasse <3 <3 <3

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    1. Merci Aileza, tu sais que tes mots me touchent énormément ♡ je t'embrasse ma poulette cosmique.

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  22. J'ai aimé lire chaque ligne de ton article, drôle, émouvant et si vrai bien sûr. Pour ma première grossesse j'ai eu une césarienne en urgence. Envolé l'accouchement par voie basse que j'attendais tant ! Pour cette deuxième grossesse je me pose 1000 questions sur l'accouchement que je redoute mais bien sûr que j'idéalise, comme toi, et que j'imagine cette fois-ci comme "normal". Et pourtant, je crois qu'il faut que je me fasse petit à petit à l'idée que j'aurai, peut-être encore une césarienne. Enfin, comme tu le dis, la maternité est faite de deuils successifs... Ah lala, pas facile d'être une femme ;)

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    1. Non, comme tu dis, pas facile ! Mais on s'en sort pas si mal au final,tu ne trouves pas ?! Je te souhaite un bel accouchement, sans deuil et sans regrets!
      Et merci de ta visite !

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  23. Euh tu as eu envie de me faire chialer, vas y avoue ? Très beau billet, qui doit parler à tant de mères. J'ai eu d'autres expériences que les tiennes, mais j'ai du faire le deuil de certaines choses aussi. Pour mon premier accouchement, tout est allé très vite, j'ai souffert le martyr et puis il est né, sans péridural, alors que cela ne me serait pas venue à l'idée d'accoucher sans ! Du coup, je m'en suis sentie dépossédée et lors de ma seconde grossesse, j'ai fait le choix de vivre pleinement les choses et me préparer à accoucher sans péridurale ! Le seul hic, c'est qu'évidemment cela ne s'est pas passé comme je l'aurai souhaité et que j'ai eu droit à la césarienne en urgence et sous anesthésie générale.
    Je me suis sentie encore dépossédée de mon accouchement. De ce fait, je me dis que j'aimerais vivre une troisième grossesse et essayer d'avoir l'accouchement de mes rêves (tu peux me faire interner de suite), mais mon homme est moyennement chaud pour un 3ème et j'ai peur d'avoir ce souhait pour les mauvaises raisons.
    Je crois n'avoir pas totalement fait le deuil de mes deux accouchements comme tu le dis, et je dois encore travailler sur moi même, pour digérer l'arrivée de mes fils.
    Ton écriture encore une fois est très touchante, car pleine de pudeur, d'humour et de douleur aussi.
    Merci
    <3
    on écrit à 4 mains sur nos utérus quand tu veux ^^

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    1. Oh oui... je suis d'accord ma poulette! Ça me fait toujours Hyper plaisir quand tu viens me faire un petit coucou !
      Comment vas-tu ?
      Je ne peux que te comprendre lorsque tu dis que tu t'es sentie dépossédée de tes accouchements. .. j'en suis bien triste. ..
      Alors, un ptit troisième ou pas ?!

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  24. Un article très émouvant. Moi qui suis encore de l'autre côté de la barrière (n'ai pas d'enfant, n'avons pas encore esayé), j'ai cette petite peur au fond de moi: et quand on essaiera, et si ça ne fonctionnait pas, ou se passait mal? Il faut dire que ma grand-mère a failli y passer pour l'accouchement de son aînée (ma mère), et idem pour ma mère (c'est moi l'aînée). Son récit de ma naissance (ma cicatrice au front témoigne des forceps) ferait pâlir le plus téméraire des guerriers...

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    1. Tu es encore toute jeune, dis-moi, coquine !
      Je reste une éternelle optimiste et je me dis qu'il n'y a pas de raisons pour que ton accouchement se passe mal! Tu vas toutes nous épater ;-)

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  25. Terriblement émouvant ! Je te comprends tellement quand tu dis que le plus difficile est le fait de ne pas avoir le choix car c'est ce que je vis actuellement puisque mon état de santé et nos petits revenus ne nous permettent malheureusement pas de faire un deuxième enfant. J'aimerais parfois pouvoir fermer les yeux sur ces problèmes et foncer tête baissée mais nous savons que ça ne serait pas raisonnable et c'est ce qui est le plus triste et le plus dur à accepter. Alors comme toi, on se concentre sur l'essentiel et on savoure nos ptits bonheurs. Des bisous

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    1. Mince, je suis vraiment désolée pour toi ma belle... ça me rend triste ce que tu me dis... J'espère que ça va aller. Tu as raison de te concentrer sur le positif, c'est déjà merveilleux d'avoir un enfant et je comprends tes préoccupations financières... Parfois, il faut savoir faire le bon choix. Je t'embrasse <3

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  26. Coucou ma belle. Ton billet est magnifique et très émouvant !
    En ce qui me concerne, j'ai toujours eu très peur de la césarienne. Alors quand j'ai entendu la sage femme évoquer ce mot lors de l'accouchement de mon deuxième qui tournait mal, j'ai poussé de toutes mes forces sans penser à la douleur pour ne pas y passer. Et heureusement, ça s'est bien terminé. Gros bisous

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    1. Ah, la césarienne! je comprends, mais ce n'est pas si terrible au final, si ça se passe bien, tu peux même voir ton bébé très peu de temps après! Je t'embrasse aussi ma belle!

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  27. Très beau témoignage... Comme tu dis on a tous des regrets, des deuils de projet... L'important c'est d'être entourée des siens, de ses amours... A chaque jour sa croisade...

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