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Un an à Abidjan: souvenirs d'enfance

26 sept. 2016








Mes coyotes verts,

Tu ne savais certainement pas que j'étais née au Cameroun. Tu ne sais sans doute pas non plus que j'ai passé un an en Côte d'Ivoire, lorsque j'avais 10 ans. J'ai fait mon CM1 là-bas. Suis comme ça moi.
La fille cachée d'Indiana Jones.
Allez, je te dis tout. Depuis que je t'ai raconté mes deux accouchements, je n'ai plus de secrets pour toi.


Le contexte

Mon père travaillait comme contremaître sur les chantiers. Il installait des réseaux câblés pour construire des immeubles intelligents. Enfin, c'est ce qu'il me disait, parce qu'en fait, ma sœur et moi, on n'a jamais vraiment compris ce qu'il faisait réellement comme métier. A chaque fois qu'on lui posait la question, il répondait: Ambassadeur. Ou bien: Mousquetaire. quand ce n'était pas tout simplement, bourreau.

- Allez, papa, dis-moi! Sans blague, tu fais quoi comme métier?
- Proxénète.

Bref, pas moyen de lui tirer les vers de nez. On en a donc conclu qu'il devait être agent secret ou quelque chose comme ça.

Ma mère ne travaillant pas, nous avons souvent suivi mon père lorsqu'il travaillait à l'étranger. J'ai donc l'honneur de t'apprendre que j'ai été conçue en Tunisie et que je suis née au Cameroun. Les conditions exactes de cette conception restent toutefois mystérieuses, mon père m'ayant longtemps dit que mon vrai géniteur était en fait noir. (5 ans de psychanalyse).
Nous avons également passé 18 mois en Egypte, mais j'avais deux ans donc je n'en garde aucun souvenir.
Puis il y a eu la Côte d'Ivoire. J'y ai fait mon CM1 et ma sœur sa première année de maternelle.
Mon père a toujours travaillé en déplacement. Même quand nous habitions en France,  près de Montpellier, lui travaillait à Lyon la semaine.  Nous ne le voyions que le week-end, et même si nous étions habituées à ce mode de vie, je ne m'y suis jamais vraiment faite et mon père m'a toujours manqué. Il n'y a qu'à l'étranger finalement qu'on a pu profiter de lui tous les jours.


La vie à Abidjan


Abidjan a été jadis la capitale de la Côte d'Ivoire, c'était donc une grande ville avec toutes les infrastructures nécessaires, des supermarchés bien achalandés, une école, un collège et un lycée français. Mes parents m'ont inscrite à l'école française, mais ma soeur est allée à l'école maternelle du quartier. Je peux te dire qu'elle ne passait pas inaperçue: la seule blanche de l'école, toute blonde avec son petit uniforme vichy rose. Une vraie poupée. Les maîtresses étaient très gentilles et lui ont appris plein de choses: des chansons, des poèmes de Victor Hugo, qu'elle récitait avec l'accent africain. Cute.
Nous habitions dans un immeuble très sympa, avec piscine dans la cour, gardien et tout le bazar. On était vraiment bien installés.
Le jeudi, il n'y avait pas école. On passait donc cette journée au Club House, un club-hôtel où se retrouvaient tous les expatriés français ou étrangers. Il y avait deux grandes piscines, un grand parc, un bar. On avait un peu la belle vie, il faut dire.
Le week-end, mon père se faisait un devoir de nous emmener découvrir la Côte d'Ivoire, mais pas la Côte d'Ivoire des touristes, non, ça aurait été trop facile et ça ne correspondait pas à son âme d'aventurier. Non, on allait toujours dans des endroits improbables où certainement aucun blanc n'avait osé s'aventurer.
Une fois, nous avons emprunté une piste dans la forêt pour regagner une plage que mon père voulait absolument découvrir. C'était un raccourci, selon lui. Je te raconte pas la galère sur la route: des énormes cailloux et rochers jonchaient cette piste. Je me rappelle que je tenais un journal intime à l'époque et que j'ai écrit, pendant qu'on roulait sur cette piste, que je me demandais si on allait en sortir vivant. Finalement , nous nous sommes retrouvés coincés par un tronc d'arbre en plein milieu de la route. Mon père a fait appel à une tribu voisine qui, moyennant finance, nous a débarrassé du tronc d'arbre grâce à la machette. Le chef de la tribu voisine, nous a regardé, d'un air mi-amusé, mi-consterné, nous éloigner de cette piste pour regagner la plage.
C'était tout le temps comme ça avec mon père. L'aventure.
Une autre fois, alors que ma grand-mère était venue nous rendre visite, nous avons navigué sur une pirogue qui prenait l'eau pour visiter une île aux gorilles. Il fallait donc "écoper" au fur et à mesure qu'on naviguait sous peine de couler. C'était cocasse. Ma grand-mère qui ne sait pas nager en garde un souvenir ému.Son périnée hypo-tonique aussi.
Des anecdotes comme celles-ci, j'en ai des tonnes à te raconter mais je ne vais pas le faire (sous peine de te soûler sévèrement).


 Les points positifs


Bien entendu, ça coule de source que de vivre un an à l'étranger, c'est un véritable enrichissement culturel et personnel. Outre le fait que j'ai pu profiter de mon père tous les jours, j'ai découvert une culture différente. Une cuisine exotique et délicieuse.
 J'ai adoré mon école, moi qui n'aimais pas du tout celle de mon village en France, où je trouvais les élèves méchants et indifférents.
Ici, à Abidjan, les expatriés sont solidaires entre-eux. Forcément, dès qu'on se retrouve loin de chez soi, on éprouve le besoin de se rapprocher des gens qui partagent notre culture, nos racines. Chose qui n'arrive évidemment en France, où on réfléchit à deux fois avant de se jeter dans les bras du  premier mec qu'on croise dans la rue sous prétexte qu'il habite le même pays que nous.
Et  pour les enfants, c'est pareil. Pour la première fois, j'ai eu des copains garçons, ils étaient adorables et gentils avec moi. J'ai été bien intégrée dans cette classe où blancs et noirs se côtoyaient amicalement et sereinement. J'ai donc appris la tolérance, l'amitié et la solidarité.

J'ai aussi appris à aimer mon pays, car il m'a manqué. La joie indescriptible de remettre les pieds sur le sol de son pays, quand on l'a quitté depuis longtemps. L'émerveillement de revoir des choses complètement banales, sur le trajet qui me conduisait de l'aéroport jusque dans mon village,  comme les plaques d'immatriculation françaises, les stations essence ou les belles autoroutes lisses. Etre en France signifiait pour moi: retrouver la sécurité et le bien-être, retrouver les miens.

D'ailleurs, c'est en Côte d'Ivoire que j'ai commencé à découvrir la fidélité en amitié. J'y ai établi ma première correspondance et j'ai cru défaillir lorsque j'ai reçu ma première lettre. Une copine de mon village, avec qui je n'étais pas particulièrement amie, mais que je connaissais bien car nos mères se fréquentaient . On a appris à devenir amies à l'étranger, en s'écrivant. Il se trouve aussi que c'était ma voisine et que nous étions appelées à grandir ensemble et à se voir presque tous les jours dans les années qui suivirent.
Lorsque nous sommes revenus de Côte d'Ivoire, mon grand-père est venu nous chercher à l'aéroport de Montpellier. En arrivant dans dans notre maison, sitôt descendue de la voiture, je n'ai même pas pris le temps de franchir le pas de la porte, pour retrouver ma chambre. Non, j'ai ouvert le portail et j'ai couru chez ma voisine, qui était dans le jardin, occupée à faire je ne sais plus quoi.
Je me rappellerai toujours le moment où elle a levé la tête et son sourire lorsqu'elle m'a aperçue. On a couru dans les bras l'une de l'autre pour se serrer fort en riant.

Les points négatifs


Il y en a beaucoup pour moi. J'étais petite. Je n'ai pas aimé l'Afrique Noire. Je ne m'y suis jamais sentie en sécurité. La faute aux nombreuses fusillades dans les restaurants, dans les hôtels, lors desquelles des blancs étaient souvent tués. Je me rappelle que mon père nous laissait toujours les coordonnées de la police et la marche à suivre en cas de "problème",  dans l'immeuble ou à l'extérieur. Cette culture était trop dépaysante pour moi. Je rêvais de rentrer en France et de quitter ce pays.
Le racisme m'a beaucoup dérangée également. Le fait que les Blancs tutoient d'office les Noirs, alors qu'eux nous vouvoient. Pour quelle raison? De quel droit? ça m'indignait, et je prenais toujours un malin plaisir à les vouvoyer moi, à leur dire s'il vous plait, merci, Monsieur etc... D'ailleurs, ça les étonnait toujours les Noirs, que je sois si polie; Ils me le faisaient remarquer . ça leur faisait plaisir. Dans ce genre de pays, le Blanc, c'est le patron. D'ailleurs, la population locale s'adresse toujours au Blanc en lui disant "patron". Ils se mettent d'office en position d'infériorité. Des années de colonisation, ça laisse des traces.  Dans mon école, c'était pareil. Il faut voir de quelle manière parlaient certains élèves aux employés de couleur. Je leur faisais remarquer, ça m'insupportait.

Mes parents ont toujours refusé d'employer des Noirs à notre service. Ma mère faisait le ménage et la cuisine elle-même, elle mettait un point d'honneur à ne pas "abuser" de notre privilège de blanc, même si évidemment, on aurait largement eu les moyens financiers d'employer toute une clique de serviteurs.
Tu me diras, c'est vrai que d'employer la population locale, ça crée de l'emploi, ça permet de faire vivre une famille. Oui, mais ça mettait mes parents mal à l'aise de se faire servir par des Noirs, nous qui n'étions pas chez nous.
C'est facile de vivre dans un pays en voie de développement, sous prétexte qu'on en est tombé amoureux. C'est sûr que c'est facile de tomber amoureux lorsqu'on a trois domestiques à son service et qu'on vit dans le luxe le plus total, chose qui serait impossible en France.
Mes parents, ma sœur et moi avons vécu de la même manière que nous aurions vécu en France, en étant polis avec les gens, en ne comptant que sur nous-mêmes.

Autre point, beaucoup moins glorieux et beaucoup plus puéril et hypocrite: je ne supportais pas la misère autour de moi. Je sais bien que ce n'est pas très reluisant de te dire ça, mais je suis honnête avec toi. Lorsqu'on allait au marché le samedi, c'était un calvaire pour moi. J'avais peur des lépreux, des gens "cassés en deux", qui marchaient à l'envers ou avec leur genoux sur des petits patins à roulette. Cela me dégoûtait. Je sais que ce n'est pas bien. Je réagirais certainement autrement maintenant, mais à l'époque, j'étais petite, et je trouvais cela violent, toute cette misère physique. C'est sûr que j'étais bien mieux dans mon petit confort de bourgeoise en France.
Mes parents m'ont proposé de retourner au Cameroun, à Yaoundé, voir où j'étais née puisque nous étions juste à côté. Mais j'ai refusé. Je n'en avais aucune envie. Mon père m'avait raconté qu'il avait vu des petites filles faire la manche, les yeux crevés. Pratique courante là-bas, pour attendrir les gens et récolter plus d'argent. Ma mère avait trouvé le Cameroun encore plus pauvre que la Côte d'Ivoire, les conditions de vie encore plus misérables. Je n'avais donc aucune envie d'y retourner et de me confronter à ça.
Aujourd'hui, je regrette de ne pas être retournée dans le pays où je suis née. Mais, que veux-tu, j'étais jeune et un peu bête.


Au final, je garde un bon souvenir de cette année à l'étranger, mais je dois t'avouer, que même maintenant, je préfère voyager dans les pays développés, où je me sens à égalité face à la population locale. Cela me met toujours mal à l'aise quand on arrive en tant que riche dans un pays pauvre . Les relations sont souvent biaisées par le pouvoir financier. Il y a bien sûr des exceptions, et je te parle de mon ressenti, qui n'est pas la vérité absolue.

Allez, des bécots,

Frau Pruno.







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37 commentaires :

  1. Passionnant témoignage! Et ou l'on comprend de qui tu tiens ton humour ;)
    A part conter mes vacances ^chez mes grands-parents à Saint Etienne, je ne vois rien d'aussi exotique dans mon parcours!

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    1. Oh, merci! Pas besoin de partir à l'étranger pour vivre des choses passionnantes! Gros bisous ma belle!

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  2. Très, très intéressant cet article !

    En tant qu'expatriée, je ne peux que comprendre ce que tu décris sur ton retour en France. Quand je suis retournée en France pour la première fois, on aurait dit une gamine dans la voiture qui nous ramenait de l'aéroport ! Je regardais tout sous un autre oeil, les plaques d'immatriculation, les panneaux, les magasins, les parkings... C'est une sacrée expérience ! Tu as eu de la chance de le vivre petite :-)

    Concernant l'Afrique, je comprends aussi ton ressenti, même si je n'y ai pas vécu. J'ai beaucoup voyagé dans le monde et finalement, le voyage où je me suis vraiment sentie en décalage, c'est quand je suis allée au Mali et au Burkina Faso. Pourtant, j'étais allée juste avant en Inde, qui est aussi un pays pauvre, mais je n'avais pas eu cette impression. Je ne saurais pas décrire exactement mon ressenti, mais ça rejoint ce que tu dis. J'ai senti que la colonisation n'était pas si loin, finalement, et ça ne m'a pas plu.

    Bonne semaine à toi :-)

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    1. C'est vrai que toi aussi tu en as des années d'expat' derrière toi! ça doit pas être facile tous les jours d'être si loin de la France... Il faudra que tu nous en parles d'ailleurs!
      Gros bisous et à bientôt!

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  3. Billet très intéressant et quel dépaysement pour une petite fille.
    Lorsque j'étais au lycée, nous avons été passer un mois au Sénégal dans un petit village reculé au sein duquel ma tante a une association.
    Quel choc pour moi de découvrir tout cela... Et comme tu dis, la misère est parfois difficile à supporter, ainsi que d'être "la blanche". J'ai retrouvé pas mal de tes ressentis meme si je n'ai pas ta longue expérience.

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  4. c'est clair que ça a du être une sacrée expérience... je regarde ça de loin moi qui ai passé 30 ans dans le même département... mais je sais que même adulte, je ne partirai pas dans certains pays, à cause de cette misère que tu décris. si tu te souviens j'avais parlé du kenya dans un de mes billets, je n'y ai passé que quelques jours mais ça m'a bien remué, pourtant je n'ai pas vraiment vu de "misère", juste des gens avec un mode de vie très simple... je vois qu'on a les parents qu'on mérite : les tiens ont l'air de personnes sympathiques et censées, et droits dans leurs bottes : bravo à eux !

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    1. T'es adorable ma belle. C'est vrai que je trouve mes parents exceptionnels, ils ont toujours été un modèle pour moi et je mesure chaque jour la chance que j'ai de les avoir <3

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  5. Je valide tu es vraiment la fille caché d'indiana jones! Moi qui ai passé mon enfance dans le 9-4 j'imagine ton expérience "exotique" avec beaucoup d'envie!

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  6. Oh merci pour ce témoignage c'est hyper intéressant ! Je pense qu'à ton âge je n'aurais pas aimé tout simplement être coupée de mon environnement habituel, mes copains et copines... Mais en tout cas aujourd'hui je partage ton sentiment sur les voyages dans des pays plus pauvres que le nôtre. Cela ne me plait pas trop non plus... D'ailleurs je te propose une destination de rêve très dépaysante et qui correspond à ce critère : le Japon !

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    1. Le Japon me dit tout à fait! en revanche, ma bourse, elle, fait un peu la tronche! Mais c'est sûr que ça doit être génial comme pays. Mais je t'avoue que ma prochaine destination lointaine, c'est l'Islande!
      Je n'ai pas oublié ton challenge lecture, c'est dans un coin de ma tête et j'y répondrai bientôt!

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  7. J'adore ton histoire, moi aussi elle m'a fait voyager, même si je comprends bien les inconvénients que tu cites à la fin et qui ne sont pas négligeables. Merci de nous avoir fait partager ce petit bout de ta vie, décidément bien remplie :)

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    1. Mais de rien! ça me fait plaisir d'avoir des échos positifs de votre part, les copines <3

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  8. Coucou. Merci pour ce beau dépaysement que tu nous apportes. Ton article est très intéressant. Tu nous donnes envie de voyager. Gros bisous

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    1. Merci ma belle! Contente de le partager avec toi!

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  9. coucou
    Super témoignage!
    Ah ah ah il m'a fait rire ton père!
    J'aime bien le fait que tu nous donne tes ressentis positifs et négatifs. En tout cas cette année ta vraiment marqué.
    Ce sentiment de "supériorité" de l'homme blanc, j'ai énormément de mal avec ça aussi. On le remarque aussi souvent chez nous...
    Ma deuxième fille est métisse ivoirienne, j'aimerai beaucoup aller découvrir son pays un jour...Son père est contre, va savoir pourquoi...
    bizz

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    1. Arf.... ça a l'air compliqué, les relations avec le père de tes enfants... En même temps, ces deux cultures sont tellement différentes que je comprends ses réticences. J'espère que tout cela va s'apaiser :-)

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  10. Article vraiment intéressant (comme d'hab en même temps). Moi qui suis actuellement expatriée, je rajouterais un point positif : je trouve que c'est bien de se retrouver dans la peau d'un immigré, une fois dans sa vie. Attendre des heures au Bureau de l'immigration et faire la paperasse, voir que l'administration (au Japon par exemple) n'est pas plus rapide qu'en France, bien au contraire etc. recevoir parfois des regards hostiles, ça fait relativiser et comprendre ce qui se passe quand on est de l'autre côté. Concernant la pauvreté, je l'ai vue en voyage aussi et ce qui m'a le plus choquée, c'est la prostitution des adolescentes (au Cambodge) où de très jeunes filles s'affichent avec de vieux blancs bedonnants et fiers d'eux : je trouve cette attitude de colon qui fait du tourisme sexuel immonde et abominable ! J'imagine que lorsqu'on est enfant, découvrir cette misère est tout aussi atroce. Heureusement qu'il y a aussi des points positifs, une ouverture au monde et l'apprentissage de la tolérance ! Bisous !

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    1. Merci beaucoup ! Je te retourne le compliment :-) c'est vrai ce que tu dis sur la position d'immigrant. Ça remet les idées en place de le vivre au moins une fois !
      Et tout à fait d'accord sur les vieux blancs bedonnants... c'était pareil à Abidjan, sauf que je me rappelle pas avoir vu des mineurs en leur compagnie. . Gros bisous ♡

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  11. Déjà que je te trouvais drôle, intelligente et intéressante à la lecture de tes billets, je te trouve maintenant également surprenante et je suis admirative de ton ouverture d'esprit et du recul que tu arrives à prendre pour analyser avec finesse et dérision ton parcours de vie. <3

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    1. Alors toi... pourquoi t'habites pas en Lozère ? ???
      Merci pour ces gentils compliments qui me font tellement plaisir !

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  12. Tu es pleine de surprises ma parole ! ;)
    J'admire beaucoup le courage de ta mère. Mes parents ont toujours eu des employés de maison et même si ils étaient respectés et qu'ils avaient leur vacances quand on était en vacances, j'ai toujours trouvé ça critiquable.

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    1. Roh, c'est pas si simple. .. on avait pas mal d'amis qui employaient des boys chez eux et qui ont noué des relations sincères et tout le monde avait l'air content :-) je ne savais pas que tu avais vécu à l'étranger !

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    2. Je suis née et j'ai grandi en Afrique mais ce n'était pas l'étranger, c'était chez moi :)

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  13. Il y en a pas mal à raconter sur ta naissance au Cameroun ma douce...je te raconterai lorsque tu seras très grande ta conception en Tunisie...mais j'attends encore un peu 🐘

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    1. Heu. .. je suis pas sûre de vouloir savoir en fait ! ;-)

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  14. Quelle expérience incroyable ! Elle semble avoir été très enrichissante, même si j'imagine que le fait de quitter ton environnement habituel a dû être difficile.

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  15. Excellent ton Papa! Je comprends d'ou te vient ton sens de l'humour et de la narration! On ne doit pas s'ennuyer chez vous!
    Sinon, ton retour d'experience est passionnant! Il est rare de lire des recits d'expat des yeux d'une enfant! Et de tout ce que j'entends, l'expatriation en Afrique est vraiment particuliere... entre integration et colonialisme, entre passion et detestation... j'ai rencontre des expats rentres d'Afrique d'un peu tous les profils (certains que j'apprecie, certains que curieusement j'apprecie beaucoup moins...)... et je crois que c'est chez les anciens "Africains" que j'ai rencontres les personnes les plus passionnees, aussi!
    Merci pour ces souvenirs d'enfance! Peut-etre en partageras tu meme d'autres avec nous?

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    1. Merci ma belle :-) effectué, on passe notre temps à se fendre la poire, mes parents, ma soeur et moi. L'humour et l'auto -dérision sont les remèdes contre beaucoup de maux !
      C'est vrai que toi aussi tu es une expat! La France ne te manque pas trop ?

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  16. C'est une super expérience l'expatriation! J'aimerais beaucoup tenter ça avec ma petite famille dans quelques années. Allez voir ailleurs comment ça se passe. Et au passage, j'adore toujours autant ta façon de raconter les histoires! Gros bisous

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    1. Merci ma Lise! Oui, si tu en as l'occasion, il ne faut pas hésiter! C'est une vraie richesse! Je t'embrasse!

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  17. J'ai vraiment aimé ton article, il me rappelle mes souvenirs d'enfance, mon père est camerounais et j'y ai passé mes années de maternelle.

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    1. Merci Emilie pour ton passage par ici, ça me touche beaucoup! Et je vois que tu avons des points en commun!

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  18. Coucou :)
    Je trouve ça génial d'avoir vécu à l'étranger étant jeune. Par contre comme toi je ne suis pas sur que j'aurai supporté l'Afrique noir très pauvre :/

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    1. Oui, ce n'est pas facile comme expérience, surtout que mes parents ne m'ont pas épargnée de la misère. Mais ils ont eu raison je pense :-) merci pour ton passage par ici ma belle!

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  19. Coucou ma belle (lorsque tu me liras, je serai en train de faire la danse de la joie, car j'ai récupéré un peu de réseau ce week end !)
    Comme je te l'ai écrit sur fesses de bouc (blague pourrie assumée) j'ai beaucoup aimé ce billet qui m'a terriblement touchée, d'une part parce que tu nous livres une part de toi, de ton enfance et c'est adorable et d'autre part car cela fait écho chez moi, au regard de mon histoire, bien qu'elle soit différente.
    J'imagine bien ta blondeur en Afrique Noire, moi qui suis métisse (mon père est Béninois) et qui suis considérée comme une albinos dans mon pays d'origine XD !
    Bref, j'ai beaucoup aimé ce billet pour la pudeur qu'il dégage et l'émotion que tu transmets. J'ai une affection particulière pour l'Afrique puisque c'est l'un de mes continents d'origine, mais je suis peu retournée dans ce pays. Lorsque j'y vais, je me sens bien et à des années lumières, c'est très étonnant comme sentiment. Mes cousins ou mes oncles et tantes que je vois très peu me semblent avoir toujours fait partie de ma famille et pourtant on ne se voit jamais.
    J'ai une part de mes racines là bas, mais je m'y sens aussi étrangère et je peux comprendre ce que tu décris comme le côté encore un peu colonialiste de certains.
    J'aimerais beaucoup passer quelques temps à l'étranger, pas forcément en Afrique, mais ailleurs et ce que je redoute de l'expatriation est ce que tu décris : se retrouver entre français, "embaucher/exploiter" des habitants moins chanceux, etc... Je pense que si nous menions ce projet à terme, j'essaierai de faire comme tes parents, mais pour moi c'est une richesse que de vivre dans un autre pays, notamment pour les enfants, mais je ne voudrais pas qu'ils se croient "supérieurs" parce que privilégiés, mais je ne voudrais pas les choquer non plus en les confrontant à davantage de misères... En résumé tu as bien décrit la complexité de l'expatriation et je trouve ton billet parfait.
    Merci beaucoup et plein de bisous

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    1. Mais merci à toi ma belle, pour cette belle réponse! Je suis désolée de ne pas t'avoir répondu avant, mais je suis malade depuis plusieurs jours et je ne reprends mon clavier qu'aujourd'hui. Merci de m'en dire un peu plus sur toi, je te découvre sous un nouvel angle et je suis ravie de partager avec toi ces expériences sur l'Afrique <3

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