Libellés

Éclampsie, fondue, chemise hawaïenne et autres péripéties liées à mon accouchement.

22 mars 2016





Mes baleines joueuses,


Aujourd'hui, je vais te parler d'un sujet un peu trop intime, à savoir mon accouchement.
Personne n'est à table? Ou sur le point de se mettre à table?
Simple question de formalité.

D'ailleurs, je suis toujours à la recherche de mon utérus s'il vous plait... Si vous le trouvez, merci de le ramener à l'accueil.


C'est en parlant avec Allychachoo du blog Famille en Chantier, que j'en suis venue à l'idée de te raconter ce grand jour. Elle aussi s'est lancée dans cette aventure, et franchement, son témoignage est bouleversant. Je te conseille vivement d'aller le lire (et de prendre un paquet de kleenex aussi).


Moi enceinte


Pour Chucky, j'ai eu une grossesse peu épanouissante (j'aime les litotes).
Il faut que tu saches que je n'aime pas vraiment être enceinte en général (pas taper).  J'ai vécu mes deux grossesses comme un état de manque et de privation (oui, je suis alcoolique) (non, n'appelle pas la  DASS).  Pourtant, j'étais vraiment heureuse lorsque j'ai appris que j'étais enceinte. Vraiment très heureuse. Lorsque j'ai senti mon bébé bouger dans mon ventre la toute première fois, et puis toutes les autres fois, j'étais la plus heureuse également. Mais ça s'arrête là. Don't juge me.

Etant enceinte, je n'ai toujours eu qu'une hâte: c'est de voir mon bébé pour de vrai. Bon, je sais, c'est une excuse pourrie. Toutes les mères ont envie de voir leur bébé pour de vrai. Oui mais moi peut-être plus. (nananère) (pas taper, j'ai dit).  J'étais frustrée de cet état perpétuel d'attente, même s'il a son charme,  je  l'avoue.

Bref, c'était un petit aparté sur mes états d'âme d'ex femme enceinte.



Le risque d'éclampsie


Pour Chucky, je suis tombée enceinte le jour de l'an (coquine). Je devais donc accoucher le premier octobre 2012.

Très tôt, j'ai été mise au repos, car on a suspecté dès la deuxième échographie un risque d'éclampsie. Ma gynéco et l'échographe (un grand ponte en la matière, totalement mal aimable, mais un grand ponte) m'avaient donc arrêtée pour prévenir ce risque. Mon bébé était mal alimenté par l'artère principale, il fallait donc que je prenne de l'aspegic pour fluidifier le sang de cette artère et pour limiter le risque.
De plus, on peut dire que j'ai cumulé toutes les tares de la femme en cloque: j'ai eu des nausées jusqu'au 6° mois: Ce qui fait que pendant les cinq premiers mois, je n'ai pas pris un gramme, j'ai même maigri (me tape pas).  Et puis j'étais épuisée, complètement HS. Allongée tout le temps avec la sensation que tout le poids de la terre pesait sur mes épaules (relou la meuf). C'est la progestérone! me disait ma gynéco. C'est bon signe, ça veut dire que votre grossesse est bien implantée!
Ca me fait une belle jambe.

J'ai donc suivi ses conseils à la lettre, limité mes déplacements, je me suis reposée le plus possible sur le côté gauche toussa toussa...

Le suivi à l'hôpital


Malheureusement, à partir du 6° mois, j'ai dû dire bye bye à ma gynéco si sympa, car il se trouve qu'elle prenait des honoraires exorbitants pour me faire accoucher dans sa clinique privée du 17° arrondissement de Paris. (oui, il fut un temps, j'habitais à Paris). J'étais un peu deg' car j'avais la chance, pour une fois d'avoir une gynéco sympa et compétente, une gynéco de la 2° catégorie quoi.  Mais si rappelle-toi, la 2° catégorie!

Je me suis donc rendue, sur les conseils d'une amie, à l'Hôpital St Joseph, dans le 14° arrondissement, hôpital qui jouissait d'une très bonne réputation, tout comme sa maternité, Notre Dame de bon secours.

J'y ai rencontré, pour mon 6° mois de grossesse, la gynécologue de l'hôpital qui devait me suivre jusqu'à la fin . Une gynéco très jeune et très sympa, presque aussi sexy que Brenda. (J'ai dit presque aussi sexy, faut pas déconner, personne n'arrive à la cheville de Brenda).


Je lui ai fait part de mon dossier et des prescriptions que l'on m'avait faites concernant mon état à risques.
J'ai été étonnée de sa réaction:

- Mais enfin Madame, on est plus au Moyen-Âge, voyons! Vivez pleinement votre vie et votre grossesse et arrêtez tout le protocole!
- Ah bon? (j'étais très surprise). Je ne me couche plus sur le côté gauche?
- Mais non, ce sont des remèdes de grand-mère ça!
- Je ne me fais plus prendre la tension?
- Non plus, ça ne sert à rien de s'inquiéter pour rien. Vivez votre vie,  je vous dis!
- Plus d'aspegic pour fluidifier le sang pour que le bébé soit bien nourri?
- Non, ce n'est vraiment pas la peine.

Ah d'accord.... Je n'ai pas mis sa parole en doute une seule seconde. Si la gynéco new generation  de l'hôpital me dit qu'il ne faut pas s'inquiéter, alors je ne m'inquiète pas... On a donc décidé, Pinces d'Or et moi, de passer nos vacances d'été dans le sud chez mes parents. On a quitté Paris, ma gynéco et la super échographe pointue, pour regagner la Province et faire ma dernière écho avec un échographe pas pointu.

J'avais tort malheureusement.

La fin de ma grossesse s'est poursuivie le plus sereinement du monde. Toujours pas très enthousiaste de rater les apéros estivaux et de ne pas pouvoir manger mon vieux comté avec mon verre de vin, mais bon, on fait aller... On est mieux là qu'en prison, hein?
La troisième écho se passe bien. Le médecin ne me parle même pas de mon artère boulet qui alimente mal mon bébé et des risques d'éclampsie qui s'y rattachent.  J'oublie de lui en parler également. S'il ne voit rien, c'est sûrement que mon problème s'est résolu et que la gynéco de l'hôpital avait raison. Voilà tout.

Courant septembre, I was happy. Je me sentais enfin en pleine forme. J'étais heureuse d'attendre mon bébé. Je me disais qu'il pouvait venir à n'importe quel moment, et cette surprise me réjouissait au plus haut point. Je ne sais pas pourquoi, mais ce mystère autour de cette vie sur le point de voir le jour m'extasiait. J'étais heureuse d'attendre. Je n'arrêtais pas de marcher pour aller voir mes amies dans Paris, pour aller au resto, pour faire des expos, des achats, bref, tout ce que je n'avais pas pu faire pendant ces huit mois. Je pétais le feu.
Vers le 10 septembre, un soir, j'ai ressenti des douleurs dans les hanches, pendant une ou deux heures. Je me suis dit que c'était peut-être pour bientôt. J'étais encore plus heureuse.

J'ai appelé ma mère pour lui faire part des dernières nouvelles:
- Ah non, t'as pas intérêt à accoucher sans moi ma vieille! J'arrive.

Le 15 septembre, elle était là.

Je suis allée la chercher avec Pinces d'Or à la gare. En arrivant à la maison, je fais la belle, je pose avec mon gros ventre.



L'alerte





Le soir, on avait organisé une soirée fondue avec elle, mon amie Sarah, et un copain allemand, Niels.
On était tous super ravis de se revoir et on a commencé la soirée dans une ambiance de folie.

Soudain, vers 21h, je commence à ressentir des douleurs dans le ventre. Des douleurs de règles que je n'avais jamais ressenties pendant ma grossesse. C'est bizarre. Je me lève alors, et je me rends compte que je saigne. Que je saigne beaucoup. J'appelle ma mère:

- C'est sûrement normal ma chérie, ça doit être le début du travail. C'est supportable les douleurs?
- Ben, oui ça peut aller, j'ai mal, mais pas plus que quand j'ai mes règles. Bref, ne nous pressons pas, on va voir par la suite ce qui se passe.

Tu as vu comme j'étais zen. Je n'ai jamais vraiment eu très peur d'accoucher naturellement. Je ne te dis pas que l'idée ne me stressait pas un tout petit peu de temps en temps, mais pas plus que ça.





On continue donc la soirée dans la même ambiance joviale. On prend des photos.  Pinces d'Or est surexcité. Il a fait péter la chemise hawaïenne. Il est en transe.
- Je vais bientôt être papa! Bon, si tu dois accoucher ce soir, on appelle un tacos, je pourrai pas conduire, j'ai trop bu.

Il est mignon!




Une heure passe. J'ai toujours très mal au ventre. Je me change et j'enfile une tenue plus confortable.  Je perds toujours beaucoup de sang. Je me rappelle alors de ce qu'on ma dit aux cours de préparation à l'accouchement: Un des motifs pour lesquels il faut absolument aller consulter, c'est les saignements justement.
Je me décide donc à appeler la maternité. Je tombe sur un jeune homme charmant au téléphone.

- Vous saignez beaucoup?
- Je ne sais pas trop, oui pas mal...
- L'équivalent de combien de serviettes en deux heures?
(je t'avais prévenu).
- Au moins trois, bientôt quatre.
- Venez de suite.

Ah. J'annonce la nouvelle à l'assemblée hystérique.

- Sarah, il faut que tu nous emmènes, apparemment, il vaut mieux que j'aille consulter!
- Roh, fais chier! Laisse-nous au moins finir le dessert!

(J'ai des amis formidables).




On finit le dessert en deux deux, mais je t'avoue que je n'ai plus trop faim.

Pinces d'Or est intenable. Il prend sa petite valise à lui qui contient un poste radio (le ouf), et quelques chemises.

On file dans la 206 de Sarah, Pinces d'Or, ma mère et moi. On dit adieu à  Niels qui est tout ému.

A la maternité


Arrivés à la maternité, vers minuit, on se sépare de Sarah. Pinces d'Or insiste pour que ma mère rentre chez nous, vu qu'elle n'est pas autorisée à rentrer avec nous aux urgences. Elle n'est pas contente du tout et elle rentre en taxi à notre appart.

On sonne donc aux urgences de la mater (je me crois dans Baby Boom).

Je suis impressionnée: tout est désert, tout est noir. Il n'y a personne dans la maternité. C'est inquiétant. Je suis même étonnée de voir surgir une sage-femme de nulle part. On est vraiment tous seuls dans cet hôpital.

La sage-femme m'accueille, me fait m'allonger sur le côté gauche (haha, la bonne blague).

- Vous avez des contractions?
- Non, je ne crois pas... J'ai juste très mal au ventre.

Elle m'examine, me pose un monito, et me confirme qu'en fait, j'ai des contractions et que mon col est ouvert à un cm. Elle me fait mettre presque toute nue sous un drap. On me pose une rachi-anesthésie.  Je perds toujours beaucoup de sang. J'ai froid. Je commence à flipper. Je claque des dents. Je demande une autre couverture, mais on me dit que c'est impossible. La sage-femme est obligée de changer régulièrement les énormes serviettes qu'elle m'a mises sous les fesses (amis poètes...). Je suis complètement impuissante, j'ai l'impression d'être un panier percé.

Pinces d'Or est tout content. Pour lui, tout va bien se passer, il va être papa. Il me dit qu'il veut brancher la radio pour mettre de l'ambiance. Je lui réponds qu'il va  décéder d'une mort violente s'il n'arrête pas de suite son cirque.

On me fait une prise de sang. Ma gynéco arrive. Il se trouve que c'est elle qui est de garde justement. Elle se veut rassurante. Si la prise de sang est positive, on me laissera accoucher normalement, ou peut-être même rentrer chez moi (soyons fous).

Au bout de quelques minutes, elle revient précipitement. Elle est désolée, mais il va falloir me faire une césarienne de suite. Oui de suite. Là, maintenant. Il y a du sang dans le liquide amniotique, c'est très dangereux pour le bébé.  Je claque des dents, je suis terrorisée. Je n'avais pas de crainte particulièrement concernant l'accouchement par voie basse. Je m'étais persuadée que j'accoucherais normalement, que tout irait bien.
J'ai une seul crainte: l'anesthésie générale. C'est idiot, mais le fait qu'on m'endorme sans que je puisse contrôler quoique ce soit me terrorise.

Mais elle m'assure que vu qu'on m'a posé une rachi, j'accoucherais en ayant conscience de tout. Je dis ok, mais j'aimerais bien dire au revoir à Pinces d'Or avant qu'on m'emmène au bloc, parce que j'ai très peur. (il est parti fumer une clope dehors) (le con).

Pinces d'Or revient et m'embrasse. Je pleure, je claque des dents encore et toujours.  J'ai froid. Je demande si c'est possible que Pinces D'Or reste avec moi pendant l'opération. On me répond que malheureusement, ce n'est pas possible. Je suis très triste. Pinces d'Or est tout mignon, il n'arrête pas de me dire qu'il m'aime et que je suis courageuse.
Tu parles, je ne suis pas courageuse du tout. Je flippe ma mère.

On m'emmène donc au bloc pour parer à l'éclampsie (je ne savais même pas encore que j'avais une éclampsie.) (la nouille.)

Et voilà, c'est fini pour aujourd'hui! Je te raconte la suite demain.
Tu verras, ce sera mieux, il y aura encore plus de suspens, plus de sang, et plus de médecins!

Des bécots.

Frau Pruno.

PS: en attendant, si tu ne peux plus supporter de ne pas avoir de mes nouvelles, sache que je suis aussi sur Instagram, (je vais polluer ton fil avec les photos de mes colocataires surexcités), sur Facebook et Hello Coton.



18 commentaires :

  1. Heureusement qu'il y vos photos de beaux grosses et Jérôme qui met l'ambiance sinon on dirait les débuts d'un film d'horreur du style baby blood.
    Kiss poupoule et vive le champagne et les cocktails !!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Hahaha!! Comme tu dis! Le concept de l'émission baby blood me plaît, à condition qu'il n'y ait que des Happy Ends! Gros bisous ma poulette. (tu viens ou pas le premier week-end d'avril?)

      Supprimer
  2. Tu n'es pas seule à avoir détesté l'état de grossesse, je te rassure :) J'ai haï ces neuf mois, j'étais malade (9 mois de vomissements pour ma part), très angoissée (5 mois de séances chez le psy), j'ai fait une petite dépression au passage, et je n'avais qu'une hâte : accoucher enfin.

    Maintenant à chaque fois que j'ai un symptôme "de grossesse" (ce weekend, j'ai fait une intoxication alimentaire, j'avais une nausée d'enfer et je vomissais sans cesse... souvenirs souvenirs), je flippe à mort. Je me demande encore comment je vais avoir le courage de rempiler un jour... Si tu as un secret, un astuce, une potion magique... je prends TOUT :p

    En tout cas, j'ai trouvé ton récit de pré-accouchement super effrayant (pour le coup, moi mon accouchement, c'est plutôt un bon souvenir... et pas que parce que c'était la fin de ma grossesse :p), et la décontraction avec laquelle tu décris ton hémorragie et les photos de fiesta vachement décalées ;) Bref, petite sensation étrange, entre frissons et sourire, mais j'ai quand même hâte de lire la suite :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah! Enfin une femme qui me comprend! Ma pauvre, je compatis pour les nausées jusqu'au neuvième mois. Tu n'as vraiment pas de chance. Je te rassure, je garde un bon souvenir malgré tout de cet accouchement. Un très bon souvenir même. C'est bizarre. C'est le moment où mon fils est né qui l'emporte et qui m'émeut le plus. Sinon, tu fais toujours une pause avec ton blog? Gros bisous!

      Supprimer
    2. Non, je suis pas en pause officiellement, mais je suis un peu malade et du coup je suis trop crevée pour écrire, et encore plus pour réfléchir à quoi écrire :) Mais j'espère reprendre bientôt !

      Supprimer
  3. De savoir que tu es encore là me rassure mais il me tarde de savoir ce qui s'est passé après... La vie réserve toujours de drôles de surprises et aucune naissance ne ressemble à une autre

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh oui... On ne peut jamais prévoir ce qui va se passer! Mais chez moi, les accouchements virent toujours à la catastrophe!

      Supprimer
  4. Je ne peux pas dire non plus que j'ai particulièrement aimé être enceinte : 18 mois sans apéro, c'est quand même beaucoup...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. On est bien d'accord! Ta grossesse a duré 18 mois? Ma pauvre! (roh, ça va, je blague!)

      Supprimer
  5. Tu abuses, je n'ai même pas encore parlé de la partie de mon accouchement qui fait VRAIMENT pleurer. Mais bon, contrairement à toi, rien de sanglant, j'ai fait ça propre, tout à l'intérieur :p Qu'est-ce qui a déterminé que tu étais à risque d'éclampsie au début de ta grossesse, une tension trop élevée ? J'y suis bonne pour la prochaine de me faire l'Aspegic au quotidien moi...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu sais, je chiale pour un rien moi! Non, c'est l'échographe du 2ème trimestre qui a révélé la possible pathologie. L'artère fénéante est un signe avant-coureur de l'éclampsie.

      Supprimer
  6. Pu...naise quelle aventure! J'ai hâte de lire la suite!

    RépondreSupprimer
  7. rholala mais quelle aventure! c'est complètement foufou! j'adore ce passage: " Je lui réponds qu'il va décéder d'une mort violente s'il n'arrête pas de suite son cirque."

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh, mais j'avais pas vu ton commentaire! Merci beaucoup et ravie de faire ta connaissance! Et comment tu t'appelles, au fait? ;-)

      Supprimer
    2. Oh, mais j'avais pas vu ton commentaire! Merci beaucoup et ravie de faire ta connaissance! Et comment tu t'appelles, au fait? ;-)

      Supprimer

Dis-moi des mots doux...

Rendez-vous sur Hellocoton !